Les Droits imprescriptibles du lecteur de Daniel Pennac

Bonjour,

 

Si tu es un lecteur en herbe, tu dois forcément connaître les fameux Droits Imprescriptibles du lecteur énoncés et inventés par Daniel Pennac dans son essai Comme un roman.

Daniel Pennac, ancien professeur de français, se consacre depuis de nombreuses années maintenant à l’écriture, et c’est un auteur contemporain très apprécié et talentueux. Après « la saga Malaussène » ou la série jeunesse « Kamo », pour ne citer qu’eux, l’auteur revient avec son dernier roman Mon Frère, sorti il y a quelques jours en librairie.

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Dans Comme un roman, il réalise une belle apologie des livres et de la lecture avec beaucoup d’humour et de réalisme. Ce livre est très bien écrit, dans un vocabulaire accessible aux jeunes. Je me rappelle l’avoir lu au lycée, et ce fut comme une petite révélation : ce livre raviva encore plus ma passion de lectrice !

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Je ne te brosserai ni une chronique ni un résumé détaillé de cet ouvrage, je voudrais juste te parler des 30 dernières pages qui constituent la dernière partie du livre (Chapitre 4 : Le qu’en lira-t-on) et qui sont donc consacrées aux 10 Droits Imprescriptibles du lecteur.

D’ailleurs, la quatrième de couverture du livre, dans la plupart des éditions, est consacrée entièrement à ces 10 droits.

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Je vais te les rappeler et te les expliquer un peu, à la manière de Pennac, tout en te donnant un peu avis à chaque fois.

 

LES DROITS IMPRESCRIPTIBLES DU LECTEUR

Pennac insiste bien sur le fait que, ces droits, que nous nous octroyons volontiers nous, lecteurs adultes, parents, enseignants, nous devons aussi les accorder impérativement aux jeunes que nous prétendons initier à la lecture. C’est donnant donnant.

Le droit de ne pas lire

Même si ce premier droit peut faire hérisser les poils, il est bien tant de reconnaître que des personnes tout à fait respectables qui entourent ne lisent pas …. C’est un fait, et ces gens-là n’en sont pas moins fréquentables. Ils sont certainement aussi humains, sensibles que nous aux malheurs dans le monde, aux droits de l’homme, au respect entre pairs… mais voilà, ils ne lisent pas, libre à eux….

Certes, ils passent à côté de quelque chose ! On peut toujours essayer de rallier des adeptes à la lecture mais si c’est peine perdu, il faut l’accepter…. Lire ou ne pas lire est un droit, abstenons-nous de les juger. Le lecture est grosso modo une pratique, un loisir au même titre que le foot, la danse ou le piano et chacun est libre de faire ses choix.

Ce premier droit est donc bien un message de tolérance, que je valide à 100%.

Quant aux jeunes générations, Pennac nous dit bien que notre devoir est d’éduquer les enfants, de les apprendre à lire en les initiant à la littérature pour leur donne les moyens de juger librement plus tard s’ils éprouvent ou non « le besoin des livres ».

Le droit de sauter des pages

Si le fait de sauter certaines pages trop difficiles au niveau du vocabulaire, ou trop lassantes au niveau de l’intrigue, peut permettre à un lecteur de rester épanoui et enjoué dans sa lecture, ma foi, pourquoi pas !

Pennac affirme même qu’ainsi, certains ouvrage pourraient être accessibles bien plu tôt aux jeunes générations. Je pense ici au travail des éditeurs jeunesse qui produisent de plus en plus d’oeuvres classiques abrégées, allégées ou revisitées, attention cependant à la qualité et les choix opérés, mais c’est mieux que de passer à côté d’un livre je trouve.

Les adultes aussi n’hésitent pas à sauter des pages parfois, il n’y a rien de honteux, même si nous nous répugnons souvent à l’avouer…

Personnellement je ne saute jamais de pages…. je préfère lire en continu ou carrément stopper la lecture.

Le droit de ne pas finir un livre

Un livre nous tombe des mains ? Eh ben qu’il tombe ! Là encore, il faut arrêter de se culpabiliser ou de se forcer à finir un livre qui ne nous plaît pas. Ce n’est pas un drame.

Plusieurs raisons peuvent expliquer un arrêt de lecture : on ne comprend pas l’intrigue, on trouve le livre trop compliqué, on n’adhère pas à l’histoire, on a l’impression que ça tourne en boucle…

Parfois, il faut avouer que certaines lectures requièrent de la maturité, que nous pouvons ne pas avoir encore, je pense souvent aux classiques qu’on lit trop tôt. Ainsi, on peut laisser le livre de côté dans l’espoir de le reprendre à un autre moment de sa vie, dans quelques années. Cela me semble une perspective intéressante et moins culpabilisante aussi pour certains. Lors de la deuxième tentative, c’est quitte ou double : la rencontre à lieu ou c’est un nouveau fiasco…

Cela fait bien longtemps que je ne culpabilise plus de ne pas finir un livre. Cela m’arrive assez rarement je dois dire. Par contre, j’essaie de m’accrocher, de persévérer, de donner sa chance au livre et à l’auteur le plus longtemps possible… Et comme on disait plus haut, si la rencontre n’a pas lieu, je passe mon chemin. Tant d’autres livres m’attendent !

Le droit de relire

Quand on a apprécié un ouvrage, c’est avec plaisir qu’on aime le relire, quoi de plus naturel. C’est agréable de retrouver les émerveillements et sensations d’une belle lecture.

Pendant longtemps, je trouvais cela presque inconcevable de relire un livre déjà lu, je ne sais pas pourquoi…. Certainement parce que ce qui m’importait à cette époque était plus le mystère de l’intrigue et du dénouement, qui perdent en effet de leur saveur lors d’une relecture…

Depuis, j’ai revu ma position et cela m’arrive de relire certains livres pour me les remémorer, mais j’avoue que c’est quand même assez rare.

Le droit de lire n’importe quoi

Pennac insiste ici sur les livres de qualité. Il y a selon lui, les bons et les mauvais romans. La littérature « industrielle » est ici malmenée par l’auteur, mais il admet que ce type d’écrits est plus facilement sur notre route que les « bons romans », ainsi faut-il accepter de commencer par là pour découvrir ensuite les perles cachées de la littérature au fil du temps et des conseils avisés de proches lecteurs. Indéniablement, Pennac nous affirme que les bons romans prennent alors le dessus dans notre vie de lecteurs.

Alors, je ne suis pas tout à fait d’accord avec Pennac… dans le sens où catégoriser la littérature de façon manichéenne (le bien, le mal) est trop réducteur et injuste. certes, il y a des romans qui ont plus de qualités littéraires que d’autres mais la littérature industrielle comme il l’appelle fonctionne bien, à un autre niveau : les intrigues, les sujets abordés, le style plus simpliste…. Cela fait vendre, cela fait lire… n’est-ce pas le but premier, que les gens lisent ?

Moi-même, je me refuse à ne lire que les « bons romans » comme dirait Pennac. J’ai besoin de diversifier mes lectures : j’ai besoin un jour d’un style littéraire de génie pour fusionner avec les belles lettres; comme un autre jour, un roman léger au vocabulaire « pauvre » que je dévorerai dans l’heure ; ou encore une BD hilarante et bien familière sur un sujet de société cliché… Je peux donc largement passer de La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau à Cinquante nuances de Grey ou Astérix chez les Bretons ! Cela ne me pose aucun problème. Bref, tu vois le tableau… Et pourtant certains s’offusquent, d’autant plus que je suis professeur de lettres, malheur ! Je suis ouverte à toute littérature et très fière de mon état d’esprit justement.

Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)

Le terme « bovarysme » fait directement référence à un grand classique : Madame Bovary de Gustave Flaubert. La pauvre Emma Bovary ne trouvait satisfaction que dans la littérature, au détriment de sa vie qui l’ennuyait au plus haut point. Seules ses lectures romantiques la transportaient, la faisaient rêver, et donnaient un sens à son insipide existence.

Ainsi, tomber dans le bovarysme, quand on lit, c’est ressentir nos nerfs qui vibrent, notre coeur qui s’emballe, s’identifier au personnage tous azimuts, se laisser porter par le livre, l’histoire avec plaisir, avec délice.

J’ai envie de dire que c’est presque le but que je rechercher le pus souvent ! Par contre, contrairement à la pauvre Emma Bovary, je fais rapidement la part des choses quand je referme mon livre.

Le droit de lire n’importe où

Dans les toilettes, dans le RER, dans la salle d’attente du vétérinaire, dehors sous la pluie, chez toi, au bureau…. Peu importe, tant que le plaisir de lire est là et que tu arrives à te concentrer sur ta lecture.

Je valide totalement, même si j’aime être dans un cadre assez routinier et cocooning pour lire.

Le droit de grapiller

C’est le fait de prendre n’importe quel ouvrage de ta bibliothèque pour lire ou relire un passage, au hasard ou bien précis, et s’y plonger dedans un instant.

Lors de mes études, qu’est-ce que j’ai pu grapiller mes livres de cours ! En jetant un oeil au sommaire, je privilégiais certains passages à lire plus que d’autres. Cela m’arrive encore, notamment quand je cherche un extrait précis d’un roman quand je prépare mes cours, je grapille à droite à gauche des dizaines de livres. Il en va de même pour les revues ou les ouvrages plus documentaires.

Le droit de lire à haute voix

Tout en faisant preuve d’un minimum de respect pour autrui (tu évites quand tu es à la bibliothèque et qu’on entend les mouches voler par exemple), on peut prendre beaucoup de plaisir à lire tout haut. Cela requiert des compétences autres : l’intonation, le rythme….

Souvent, c’est quand même pour une tierce personne en face de nous, un public. Je pense ici aux parents qui lisent des histoires le soir à leurs chères têtes blondes, ou tout simplement au prof de français qui lit un texte à sa classe.

Le droit de nous taire

Et bien sûr, nous pouvons refuser de lire à voix haute car la lecture silencieuse, dans notre tête nous convient mieux.

Pour ma part, quand je lis pour moi, c’est toujours en silence total, mais je sais que certaines personnes chuchotent, bougent leur lèvres insidieusement parfois…

 

Et pour synthétiser en image :

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***

Nous avons fait le tour des 10 Droits imprescriptibles du lecture selon Daniel Pennac ! Qu’en penses-tu ? Tu les comprends tous ? Tu les valides tous ? Tu en rajouterais ?

 

Bonnes lectures.

A bientôt.

 

Fanny

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