Le livre d'occasion, un marché à part et ses règles

Un même roman peut se trouver à onze euros en librairie et à deux euros sur un étal. L'écart n'a rien d'un hasard commercial : il tient à une règle juridique qui ne s'applique pas de la même façon des deux côtés.

Pourquoi le prix est libre

Le prix unique du livre, instauré en 1981, oblige tout revendeur d'un ouvrage neuf à respecter le prix fixé par l'éditeur, avec une remise plafonnée à cinq pour cent. Cette règle ne concerne que le neuf. L'occasion échappe donc entièrement au prix imposé, ce qui explique la variété des tarifs d'un vendeur à l'autre pour un titre identique.

Les frais de port ne suivent pas la même règle

Le tarif minimal d'expédition instauré pour les livres neufs, qui a mis fin à la livraison à un centime, ne s'applique pas à l'occasion. C'est une différence concrète pour un achat unitaire, et elle change souvent le classement des offres une fois le total affiché.

L'état décrit n'est pas normalisé

« Bon état », « très bon état », « comme neuf » : ces mentions relèvent de l'appréciation du vendeur et non d'une échelle commune. Sur une plateforme entre particuliers, mieux vaut se fier aux photos qu'aux qualificatifs, et interroger sur trois points que les annonces omettent : le dos est-il cassé, le livre a-t-il été annoté, et sent-il l'humidité. Ce dernier défaut ne se rattrape pas. Notre page sur l'art d'annoter un livre montre d'ailleurs à quel point les habitudes varient d'un lecteur à l'autre.

Où chercher, et à quel prix

Les bouquinistes et les brocantes restent imbattables sur les fonds anciens, les recycleries et les associations pratiquent des tarifs uniformes très bas, les plateformes spécialisées offrent le meilleur catalogue mais facturent le port. Les ventes de désherbage des bibliothèques municipales, annoncées une ou deux fois l'an, écoulent des ouvrages en bon état pour quelques euros : un complément naturel à la fréquentation de la bibliothèque elle-même.

Ce qui se garde neuf

Les manuels scolaires et les ouvrages de droit vieillissent avec les programmes et les textes. Les beaux livres illustrés souffrent des manipulations. Enfin, méfiance sur les rééditions à la demande d'oeuvres tombées dans le domaine public : elles se vendent parfois au prix d'une édition soignée pour un texte simplement recomposé, sans appareil critique ni relecture.

Derniers articles

Dans le même esprit