Ces romans féministes qu’il faut avoir lus !

Le mois de mars est synonyme des droits de la femme. Le 8 mars n’est pas la journée de la femme mais la journée mondiale des droits de la femme, et c’est bien différent ! La journée de la femme, c’est tous les jours les gens !

Ainsi, pour marquer le coup, mais certes avec un peu de retard, je vous propose 12 conseils lectures féministes. Ce sont des oeuvres majeures dans l’histoire du combat des femmes quant à leur condition, quant à leurs droits, à leur engagement et à leurs prouesses.

Woman only crowd group color seamless pattern. Color illustration.

Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir

Le Deuxième Sexe n’a pas été écrit dans un but militant. L’écrivaine a voulu produire une somme à la façon des encyclopédies : tout connaître, tout dire dans les moindres détails. Mais l’essai s’inscrit aussi dans un plus large projet autobiographique.

Cet essai n’est pas un simple constat sur la situation des femmes après la Seconde Guerre Mondiale ; c’est une œuvre à teneur philosophique, riche de références littéraires, historiques, sociologiques, biologiques et médicales. Le credo qui paraît en filigrane tout au long des pages est bien qu’aucune femme n’a de destin tout tracé. Simone de Beauvoir, excluant tout déterminisme chez l’humain, s’intéresse donc autant à l’infériorisation de la femme en tant que fait, qu’à ses causes, qui ne sauraient venir de quelque ordre naturel. L’existentialisme implique aussi l’entière responsabilité humaine : ainsi, Beauvoir incrimine presque autant les femmes, dont elle dénonce la passivité, la soumission et le manque d’ambition, que les hommes, qu’elle accuse de sexisme, de lâcheté et parfois de cruauté. Elle estime en conséquence que l’émancipation féminine réussira grâce à la volonté solidaire des hommes et des femmes. Selon elle, les deux grands faits qui permettraient à la femme de s’émanciper sont le contrôle des naissances et l’accès au monde du travail.

La Servante écarlate de Margaret Atwood

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’oeuvre de Margaret Atwood, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique.

Le carnet d’or de Doris Lessing

Anna Wulf, femme romancière, éprouve le syndrome de la page blanche et a la sensation, le sentiment, que sa propre vie la fuit. Sentant qu’elle risque de basculer dans la folie (tout comme Virginia Woolf, écrivaine réelle à laquelle l’héroïne fait directement allusion), elle décide de noter ses sentiments et ses expériences dans quatre carnets de couleur (jaune, bleu, rouge et noir). Navigant entre espace intime, espace social et espace géopolitique, cette écriture fragmentée d’elle-même lui permettra de retrouver l’énergie de l’écriture qui se révèle au sein d’un cinquième carnet couleur or le fameux « Carnet d’or », qui donne son titre à l’œuvre.

King Kong Théorie de Virginie Despentes

Devenir une femme, pas celle qu’on vous assigne mais celle que vous êtes vraiment. C’est le cœur de King Kong Theory, qui retrousse comme un gant la plupart des idées reçues sur le viol, la prostitution, la soumission. En racontant son histoire, en réfléchissant pour elle-même et par elle-même, Virginie Despentes fait à ses lectrices le cadeau d’une pensée libre et forte, affranchie des normes et des injonctions, une pensée très profondément féministe.

Une Chambre à soi de Virginia Woolf

Une Chambre à soi (devenu Un Lieu à soi dans la traduction de Marie Darrieussecq en 2016) réunit les conférences que Virginia Woolf a données en 1928 dans deux collèges féminins à Cambridge. Thème de ses interventions: la place des femmes dans la création littéraire ou plutôt les raisons qui dissuadent les femmes de prendre la plume. Pragmatique, la romancière pose deux exigences pour permettre aux femmes d’écrire: disposer d’argent et d’une pièce à soi, que l’on peut fermer à clé, de façon à s’extraire des contingences familiales, à pouvoir rêver et croire en soi. 

Fifi Brindacier de Astrid Lindgen

Deux couettes rousses, des robes rigolotes, de longues chaussettes, voici Fifi Brindacier, 9 ans, effrontée et courageuse, qui vit sans parents avec un singe et un cheval. Des garçons tabassent un plus petit? Fifi s’interpose et les met en déroute. L’école? Fifi n’y va pas, son imagination déborde tous les cadres. Figure d’identification pour des générations de petites filles, le personnage de la Suédoise Astrid Lindgren a été adapté en série (1970) et en dessin animé (1998).

Une si longue lettre de Mariama Bâ

Mariama Bâ a marqué le féminisme africain avec ce roman. Ramatoulaye écrit à sa meilleure amie depuis la réclusion traditionnelle qui suit son veuvage. Elle revient sur leurs années d’étudiantes portées par les rêves des indépendances. Puis vint le temps des désillusions. Les pages où Ramatoulaye décrit sa douleur quand, après vingt-cinq ans de vie commune, son mari a pris une seconde épouse, demeurent une référence littéraire sur la polygamie.

Femme réveille-toi ! de Olympe de Gouges

Longtemps oubliée puis moquée comme «virago», c’est la ténacité des féministes au XXe siècle qui a redonné à Olympe de Gouges sa juste place: celle d’être une figure marquante de la Révolution française et une pionnière du féminisme. Femme de lettres, elle s’engagera avant la Révolution déjà pour l’égalité entre les femmes et les hommes et pour l’abolition de l’esclavage. Sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (Folio) est un texte fondateur à lire dès l’école: «Femme, réveille-toi!»

Sexes et mensonges de Leïla Slimani

De ville en ville, Leïla Slimani a écouté les déchirements d’une société où la femme ne peut être que vierge ou épouse. Où tout ce qui est hors la loi ou hors mariage est nié : prostitution, homosexualité, business de la nuit, protection des riches touristes sexuels et pédophiles, corruption de la police, etc.

Culottées de Pénélope Bagieu

Voici un livre qui a fait voler en éclat les préjugé avec quinze portraits de femmes qui ont inventé leur destin.

Margaret, actrice « terrifiante », spécialisée à Hollywood dans les rôles de méchante ; Agnodice, gynécologue de l’Antiquité grecque qui dut se déguiser en homme pour exercer ; Lozen, femme apache, guerrière et chamane ; Annette, sirène australienne qui inventa le maillot de bain féminin… Pénélope Bagieu brosse avec humour et finesse quinze portraits de femmes, combattantes hors normes, qui ont bravé la pression sociale de leur époque pour mener la vie de leur choix.

Les Monologues du vagin de Eve Ensler

En interrogeant plus de 200 femmes du monde entier sur leur rapport à leur vulve, Eve Ensler a brisé tous les tabous autour de la sexualité féminine. Depuis, Les Monologues du vagin (Denoël) a été traduit en 48 langues et interprété sur scène dans les théâtres du monde entier. Si la dramaturge a fait face à des critiques, notamment concernant un passage sur la pédopornographie, Eve Ensler a tout de même modifié le rapport des femmes à leurs corps et au mot «vagin», toujours peu employé aujourd’hui.

L’Evènement d’Anne Ernaux

Il faut lire L’Evénement – ce récit de l’avortement clandestin d’une jeune femme en janvier 1964 – pour mesurer les humiliations et les peurs auxquelles s’exposaient les femmes avant la mise sur le marché de la pilule contraceptive et la légalisation de l’interruption de grossesse. Basé sur le journal intime de l’écrivaine, L’Evénement est une œuvre littéraire autant qu’un témoignage. C’est un avènement aussi: celui d’une conscience de classe et de genre; et celui d’une femme qui s’engage, alors, à raconter une geste, une épopée, la sienne. Ce récit peut être lu comme l’histoire de toutes les femmes d’une génération.

Bonnes lectures et à bientôt par ici.

Fanny

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