Bilan lectures de janvier 2020

Bonjour,

Je vous retrouve un peu tardivement pour vous faire le bilan de mes lectures de janvier 2020. Pas moins de 9 lectures très éclectiques, vous verrez.

La Vraie vie de Adeline Dieudonné

Voici un roman qui me faisait de l’oeil depuis un moment, j’en avais lu de bonnes critiques.

C’est un pavillon qui ressemble à tous ceux du lotissement. Ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, amibe craintive, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu’au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent.
Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait tout annuler, revenir en arrière. Effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l’autre. La vraie. Alors, en guerrière des temps modernes, elle retrousse ses manches et plonge tête la première dans le cru de l’existence. Elle fait diversion, passe entre les coups et conserve l’espoir fou que tout s’arrange un jour.

J’ai trouvé l’écriture fulgurante. Les personnages sont sauvages, entiers, attachants aussi. C’est un univers étouffant, à fleur de peau, tout en ombre et lumière. Il y a une poésie du cauchemar et du sordide qui se dégage de ce roman qui emporte tout sur son passage. C’est à la fois âpre, sombre et sensuel. je ne vous parle même pas du dénouement… J’ai vraiment apprécié cette lecture et cette histoire pour le moins déroutante. Un livre surprenant qui en ressemble en rien à tout ce que j’ai pu lire auparavant, ça fait du bien.

Vivre le deuil au jour le jour de Christophe Fauré

Un livre fort éclairant et apaisant…

Combien de temps faut-il avant de reprendre goût à la vie ?
Pourra-t-on jamais vivre comme avant ?
Pourquoi la douleur revient-elle sans cesse ?
Faut-il masquer sa douleur ou la laisser s’exprimer ?
Les autres peuvent-ils comprendre et partager ?

L’immortalité n’étant pas de ce monde, on est tous confrontés tôt ou tard au décès d’un proche, avec les répercussions inévitables que cela entraîne dans sa propre existence. Face à ce traumatisme violent, beaucoup avouent se sentir bien seuls.

C’est pour les guider dans le long chemin qu’il leur reste à accomplir avant de retrouver un nouvel équilibre que l’auteur, psychiatre, a rédigé cet ouvrage, divisé en quatre parties. La première explique pourquoi le travail de deuil est indispensable. La seconde en détaille le processus.

La troisième reprend le cas de deuils particuliers : celui du conjoint, d’un enfant, d’un parent, sans oublier le cas difficile du suicide. Enfin, la dernière partie explique où trouver de l’aide pour ceux qui en ont le plus besoin et comment aider un proche à traverser cette épreuve.

Écrit dans un style sobre mais toujours chaleureux, ce livre permet à la personne endeuillée de se sentir moins seule et de se retrouver dans l’expérience que d’autres ont vécue avant elle. Deux atouts indispensables pour mieux surmonter cette terrible épreuve… que je suis en train de vivre en ce moment d’ailleurs…

Le petit livre de l’ikigaï de Ken Mogi

Pourquoi les Japonais comptent-ils parmi les gens les plus sereins et les champions de la longévité ? Grâce à l’ikigaï. Comment prendre le même soin méticuleux pour faire prospérer sa vie que le jardinier pour tailler et faire croître son bonsaï ? Grâce à l’ikigaï. Comment mener une existence longue et heureuse, à la poursuite épanouissante d’une activité qui se suffit à elle-même ?Grâce à l’ikigaï. L’ikigaï est la célébration du « faire » plutôt que de « l’avoir » ou même de « l’être ». Grâce à ce livre, vous aurez toujours « une excellente raison de vous lever le matin », et vous trouverez la plénitude à chaque étape de la vie.

Ken Mogi, neuroscientifique et auteur à succès japonais, nous livre les secrets de cette philosophie japonaise, en se fondant sur des recherches scientifiques passionnantes, des parcours incroyables et des expériences inédites. Son Petit Livre de l’ikigaï, véritable référence sur le sujet, est un best-seller au Royaume-Uni.

Je plaçais beaucoup d’espoir dans ce livre car le concept me séduisait vraiment beaucoup quand je lisais la quatrième de couverture sur le papier…. et puis j’ai été très déçue du contenu du livre, qui n’est en fait accès que sur des témoignages très détaillés de japonais. Selon moi, cela manquait de conseils concrets pour nous aider à trouver justement notre propre ikigaï….

Panique dans la mythologie, L’Odyssée d’Hugo de Fabien Clavel

Hugo, féru de mythologie, anti-héros par excellence au sein de sa classe de 5e, devient en revanche un précieux allié des Dieux lorsqu’il bascule dans le passé.

Lors d’une visite au Louvre, Hugo est projeté dans l’Antiquité. Il découvre qu’Ulysse a disparu et Hadès lui confie la mission de le retrouver.

Ce premier tome de « Panique dans la mythologie » inaugure une série de courts romans pour les jeunes lecteurs passionnés de mythologie. A travers les missions d’Hugo, on redécouvre de façon ludique et originale les plus célèbres mythes de la mythologie grecque. Pour ce premier épisode, direction Troie pour revivre l’Odyssée d’Ulysse car ce dernier a disparu !
Le format court de chaque tome rend l’histoire très dynamique et le duo Blanche/Hugo fonctionne à merveille. Fabien Clavel met en scène avec succès le mythe célèbre et l’histoire se révèle toujours riche en rebondissements. La connaissance de l’Odyssée n’est évidemment pas nécessaire pour apprécier L’Odyssée d’Hugo mais c’est plus amusant pour voir comment l’auteur réécrit l’histoire ou porte sur les personnages de ce mythes un regard neuf, parfois inattendu.

Mon Dieu, pourquoi ?…. de L’Abbé Pierre

Sur le ton de la confidence, avec une totale liberté d’esprit, l’abbé Pierre livre ici, comme il ne l’avait jamais fait auparavant, ses interrogations, ses convictions, et ses indignations sur la foi chrétienne et sur le sens de la vie humaine.

Péché originel, Jésus et Marie-Madeleine, célibat et chasteté des prêtres, fanatisme religieux, croisade de George Bush, place de la femme dans l’Eglise, mariage homosexuel, problème du mal et de la souffrance, place du christianisme parmi les autres religions autant de questions essentielles que le fondateur d’Emmaüs aborde sans complaisance.

Ecrit en collaboration avec Frédéric Lenoir, directeur du magazine Le Monde des religions, ce petit livre fort et émouvant constitue le véritable testament spirituel de l’abbé Pierre.

La façon qu’a l’Abbé Pierre de parler de sa foi, de Dieu, ne peut qu’attirer le lecteur, croyant ou non. Sans faire de prosélytisme, l’Abbé Pierre aborde des sujets brûlants d’actualité, des sujets tabous et il nous livre, sans langue de bois, de façon brève mais directe et sincère, ses prises de position, ses « petites méditations sur la foi chrétienne et le sens de la vie ». Une bien belle lecture que je vous recommande chaudement.

Mimi Stinguette au naturel de Myriam Rak

Mimi Stinguette, c’est une petite héroïne blondinette glamour, décalée et rock’n’roll, un peu looseuse sur les bords, qui affronte le quotidien avec féminité, quelques gros mots et beaucoup d’autodérision.
Au fond, c’est un peu notre histoire à tou(te)s : nos ratés, tellement savoureux que l’on préfère en rire et nos subtiles retouches de la vérité, tellement séduisantes que l’on préfère y croire.
Bref, toutes ces petites choses « qui n’arrivent qu’à elle » et qui finalement nous sont arrivés à tous.
Mimi Stinguette est une jeune femme résolument moderne, qui ment allégrement sur son poids et n’a aucune idée du montant de son hors-forfait ou de ce qu’il y a sur son compte en banque ! Le caractère du personnage est un subtil équilibre entre son côté très girly, glamour, et sa tendance râleuse, gaffeuse, maladroite, parfois emportée et un brin grossière – mais toujours dans l’élégance et la féminité !

Une lecture légère, fluide et joliment illustrée qui se lit très vite et qui offre une agréable parenthèse réconfortante.

Un petit livre oublié sur un banc (Tomes 1 et 2) de Jim

Parlons BD !

Camélia est assise sur un banc. A côté d’elle, un livre est posé là, abandonné. Elle le feuillète. Dedans, un mot de la main d’un inconnu l’invite à l’emporter… Chez elle, Camélia découvre que certains mots sont entourés ici et là, et que ces mots forment des phrases… L’inconnu dit s’ennuyer dans sa vie de tous les jours et rêve d’une vie forte et bouleversante, comme on en lit seulement dans les romans. « Mais combien sommes-nous à rêver d’une vie romanesque ? ». Camélia entoure six mots en réponse : « nous » « sommes » « deux », « vous » « et » « moi ». Et elle retourne déposer le petit livre tout là-bas, sur un banc…

Dans sa préface, le scénariste de ce diptyque « Un petit livre oublié sur un banc » nous explique que le point de départ de cette histoire est né d’une discussion qu’il a eue avec un amoureux de lecture. Celui-ci lui ayant confié qu’une fois lus, il libérait ses livres, espérant qu’ils trouvent de nouveaux acquéreurs, prêts à les recueillir, les lire, les apprécier à leur tour.
Cette histoire débute donc avec un livre « oublié » sur un banc. Toutefois, elle se corse quand une sorte de correspondance s’instaure entre l’inconnu qui a libéré le livre et la jeune femme qui l’a recueilli… Cette dernière puisant dans les messages une réponse à ses questions existentielles, une raison de secouer la vie fade qu’elle subit…

J’ai bien apprécié ces deux tomes de BD et notamment le thème de la mise en abyme, les livres qui parlent de livres, j’adore.

Journal d’un amour perdu de Eric-Emmanuel Schmitt

« Maman est morte ce matin et c’est la première fois qu’elle me fait de la peine. »

Pendant deux ans, Eric-Emmanuel Schmitt tente d’apprivoiser l’inacceptable : la disparition de la femme qui l’a mis au monde. Ces pages racontent son « devoir de bonheur » : une longue lutte, acharnée et difficile, contre le chagrin. Demeurer inconsolable trahirait sa mère, tant cette femme lumineuse et tendre lui a donné le goût de la vie, la passion des arts, le sens de l’humour, le culte de la joie.

L’auteur nous livre, à l’occasion de la rentrée littéraire, ses sentiments profonds, son désarroi dans lequel le décès brutal de sa mère va le plonger.
Des pensées en tous sens, des réflexions abruptes qui se succèdent : le lecteur développe de l’empathie pour l’auteur, même si on n’a pas forcément traversé la même perte.
Le choc surmonté, l’analyse de ce que sa mère lui a apporté, de ce qu’il a vécu avec elle, prendra peu à peu le dessus.
Finalement, la mère de l’auteur est toujours bien vivante au travers de son fils, qui est devenu le monument de sa mère.
L’auteur a un devoir de bonheur vis-à-vis de sa mère, qui voulait que son fils soit heureux.
J’ai passé un beau moment de lecture, touchant… et très parlant personnellement.

Tu as fait de belles lectures en janvier ?

Je t’invite à me laisser ton avis en commentaire si tu as lu toi aussi certains de ces ouvrages.

A bientôt.

Fanny

6 réflexions sur “Bilan lectures de janvier 2020

  1. Bonjour,
    j’aime beaucoup vos articles. J’ai trouvé aussi de magnifiques lectures cette année : la voie de l’archer de Paulo Coelho, un sandwich à Ginza. J’ai beaucoup aimé Interfeel d’Antonin Atger. La beauté des lectures ressemble beaucoup à l’émerveillement de la cuisine. Un partage infini avec une variété de choix !

    J'aime

  2. Merci pour ce résumé de toutes tes lectures du mois. Cela me donne envie de lire celui d’Eric Emmanuel Schmitt.
    Moi j’ai lu en janvier Christian Bobin « Ressusciter » un petit bijou d’une écriture simple et essentielle. J’adore.
    J’ai moi aussi lu Christophe Fauré « Vivre le deuil au jour le jour ». C’est un livre plein de bons conseils et qui aide beaucoup à supporter cette terrible épreuve que je vis moi aussi.
    J’ai également lu « L’appel de la forêt » de Jack London, j’ai beaucoup aimé ce roman centré sur la vie difficile d’un chien qui retrouve les vieux instincts du loup qui sommeille en lui.
    A bientôt pour de prochaines lectures.
    Bises.
    Tantou

    J'aime

  3. Bonjour, et merci de partager vos lectures.
    De ces livres, je n’ai lu que « La vraie vie ». Un roman qui fait froid dans le dos, et va fouiller dans les pires recoins de l’âme humaine.
    Celui qui me tente vraiment est « Panique dans la mythologie ».

    J'aime

Répondre à André Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s